"Quand le jour me réveille
Et qu'il m'offre encore ses plus beaux éclats
Le vide est le même
Tu n'es plus là
Dans mon demi sommeil
Je respire mais je sais que je n'vis pas
Plus rien n'est pareil
Quand tu n'es plus là"
Elle regarda encore une fois l'heure affichée sur le mur par son réveil électronique: 21h30. Le lendemain, elle devrait se lever tôt pour arriver à l'heure en cours, mais elle n'avait pas sommeil. Chose étrange puisqu'on était en automne, et que, du début de l'automne jusqu'à celui du printemps, elle était éternellement fatiguée. C'est ce que les experts appellent "l'hibernation". Elle avait beau être tout ce qu'il y a de plus humain, ceci était ce qui lui restait d'animal. Dans une autre vie, elle avait dû être un ours... (XD) La jeune fille était toute heureuse à l'idée de retrouver sa saleté de blondasse féministe de cousine (<= Tema XD), et encore plus de passer cette année - et toutes les autres à venir, probablement - avec elle, mais un simple nom de famille la hantait. Quand sa cousine l'avait prononcé au téléphone, un bout de son coeur était parti, et son sourire s'était envolé. Prétextant sa fatigue automnale habituelle, l'adolescente avait raccroché sans demander son reste et s'était enfermée dans sa chambre durant toute l'après-midi. Fort heureusement, son père n'était pas là et sa mère avait abandonné l'idée de comprendre sa fille.
Une seule personne, dans toute sa vie, avait pu la comprendre totalement, et déceler derrière son grand sourire et ses élans d'affection une tristesse et une lassitude profondes. Et cette personne était partie sans l'en informer, un jour de septembre comme celui-ci, alors que la pluie tombait et que - comme à chaque fois qu'il en était ainsi - son moral était déjà au plus bas.
Par bonheur, ce jour-là il ne pleuvait pas, pas encore, mais le lendemain promettait d'être humide. La rentrée... C'était un jour redouté par nombre d'élèves, et la jeune blonde ne faisait pas ecception à la règle.
Soudain, son petit portable jaune posé à côté d'elle se mit à vibrer. Un message.
"Hello Sunny! Dsl je c kil é tar mé tu répon pa a mé mssgs depui cet aprèm. Sa va?
Tema"
Sun soupira, et décida de ne pas répondre, décrétant qu'il était grand temps que sa cousine sombre dans les bras de Morphée sans se soucier plus d'elle.
Finalement lassée, elle sauvegarda son jeu et éteint sa DS, avant de rabattre ses couvertures sur elle et de s'endormir en espérant ne pas rêver.
LE LENDEMAIN
*bibidibip! bibidibip! bibidi...*
#BAM#
#CRASH#
- Oh... M***e... Grmff...
Sun rejeta ses couvertures avec flegme - aprés avoir abattu son poing sur son réveil avec une délicatesse infinie - et eut un sourire en songeant que sa cousine avait probablement envoyé son cinquième réveil de la semaine voltiger à travers sa chambre. Elle alla en traînant les pieds jusqu'à sa salle de bains. Malgré qu'elle ait délibérément choisi de prendre une douche froide, elle ne put retenir...
Sun: Bor**l de pu***n de m***e de con***d de sh*t de va te faire f***re espèce d'enc**é de fils de ta mère!!...
Après avoir - donc - copieusement injurié sa douche, l'adolescente s'habitua à la température pour le moins glaciale de l'eau et passa au tiède. Puis elle s'habilla, finit sa valise et alla prendre son petit-déjeuner. Elle était d'ordinaire très gourmande le matin mais cette fois-ci, elle ne prit presque rien. Elle partit avec sa valise et sa sacoche attendre à son arrêt de bus.
Au bout de dix minutes d'attente, la pluie se mit à tomber et elle se retrouva glacée et démoralisée. Le bus arriva enfin. Sun monta en peinant avec sa valise jusqu'à une place près de la vitre. Elle cala sa valise devant elle, mit sa sacoche sur ses genoux et appuya son front contre la vitre. La pluie faisait de petites vagues qui descendaient le long du verre. Soudain...
...: Je peux m'asseoir là?
La jeune fille se tourna vers celui qui l'avait interpelée, et vit un garçon de 14 ans, brun, coiffé comme un ananas (dsl j'ai pas pu m'en empêcher XD), l'air à motié endormi et pas du tout motivé pour cette rentrée des classes. Lui aussi traînait sa valise derrière lui. L'adolescente s'arma de son plus beau sourire et répondit:
Sun: Bien sûr!
Il eut un léger sourire puis s'assit, et le bus repartit.
... : Tu me rappelles quelqu'un... Tu ne serais pas Sun, toi?
Sun: Si! ^^ Et toi, tu ne t'appellerais pas Shikamaru, par le plus grand, le plus merveilleux et le plus mirifique des hasards?
Shikamaru: Bah si.
Sun: Je me disais bien. Des flemmards narcoleptiques (<= qui s'endort n'importe où, n'importe quand) assez ironiques, il n'y en a pas cent! ^^
Shikamaru (s'endormant à moitié) : C'est donc ainsi que ta blondasse de cousine me qualifie?
Sun: ... Je crois que le "narcoleptique" était justifié... '--
Shikamaru: Je peux squatter ton épaule?
Sun: Fais comme chez toi! ^^
Shikamaru: Merci.
Sur ce, il s'endormit complètement.
Quand ils arrivèrent au pensionnat, on leur donna les clés de leurs chambres et ils se séparèrent.
Sun ouvrit la porte de sa chambre et fut littéralement horrifiée: cette pièce pouvait plus être qualifiée de dépotoir que de chambre. Tout était - au mieux - abîmé et sale. Décrétant qu'elle n'avait pas le temps de s'appitoyer sur son sort avant les cours, la jeune fille posa sa valise, mit son uniforme et sortit en prenant soin de fermer à clé la porte, question que sa chambre ne soit pas encore plus ravagée.
Dans la cour, les groupes d'amis s'étaient déjà formés, et l'adolescente chercha le bon, celui ou sa cousine et le précédent locataire de son épaule étaient - quoiqu'elle douta que ce dernier ne se soit pas affalé sur son lit et rendormit dans la foulée. Quand soudain, une autre fille - qui fonçait dans les couloirs, sa valise à la main - lui rentra dedans.
...: Oups! Pardon!
Sun: C'est pas grave. Tu veux que je t'aides?
...: Je veux bien, merci.
Elle l'accompagna jusqu'à sa chambre, qui était elle aussi en très mauvais état. Après quelques remarques ironiques, Sun s'en alla, laissant l'autre aux prises avec sa chambre, et songeant que ses yeux lui rappelaient quelqu'un... Mais qui?
N'y prètant guère plus d'attention, Sun remarqua enfin le groupe d'amis qu'elle cherchait et s'écria:
Sun: Mon amoooooooour!! ><
Temari: Veuillez m'excuser, voilà Sun...
Sur ce, la jeune fille se jeta sur sa cousine pour la serrer dans ses bras.
Sun: Câliiiiiiiin! ><
Temari: Du calme, Sunny, t'es déjà en train de m'en faire un, et... tu m'étouffes!! ><
Sun: Désolée... '^^
Sun lâcha sa cousine, qui prit la parole pour la présenter à ses amis.
Temari: Bon, alors, euuh... Tous, voilà ma cousine, Sun. Sunny, je te présentes notre Ice-man number one: Sasuke, notre Ice-man number two: Neji, la blonde là c'est Ino, elle c'est Tenten, elle - arrête de rougir, elle va pas te manger, ma cousine!! - c'est Hinata, lui c'est Kiba, le blond hyperactif, là, qui saute partout, c'est Naruto, et lui c'est Shikamaru.
Sun: Je sais, on s'est vus dans le bus! ^^
...: Eyyyh!! Naru-Naru!!
Naruto: Amy!!
Temari: Ah oui, Sun. T'es pas la seule nouvelle ici: voici Amy-Lyn Uzumaki, la couz' à Naruto.
Sun: A-Amy...?
Amy-Lyn: Sun? Comme... Sun Fey?
Sun: 'Y en a pas cent...
Amy-Lyn: Ca fait... un bail.
Sun: Oh, juste 3 ans...!
Sun essayait de ne pas être trop froide, mais la rancoeur et l'ironie se lisaient dans ses paroles.
Elle était horrifiée, car la jeune fille qu'on lui avait présenté comme étant son ancienne meilleure amie, c'était celle qui lui était rentrée dedans quelques minutes avant, et à ce moment-là, elle ne l'avait pas du tout reconnue.
La jeune fille ferma les yeux et inspira un bon coup avant de reprendre son habituel sourire.
Sun: C'est pas grave, je t'ai pardonné! ^^
Ce qui était totalement faux, et elle espérait que, comme autrefois, Amy-Lyn s'en rendrait bien compte.
Enfin on afficha les listes des classes et Sun détourna son attention de sa veille "amie".
*
* *
C'était une soirée d'automne, la nuit était tombée. Une jeune fille était assise dans l'herbe, trempant ses pieds dans l'eau glacée d'un petit lac où se reflétait un croissant de lune. Elle d'habitude si gaie avait perdu son sourire. Même la musique joyeuse résonnant dans ses oreilles ne lui rendait pas sa chaleur. Elle avait peur. Elle se refusait à l'avouer, et pourtant... Son coeur était déchiré depuis bien trop longtemps. Elle avait perdu son soleil, elle redoutait le moment de le revoir. Accepterait-elle de lui pardonner? Elle avait si peur de lire cette expression sur son visage, de lire dans ses yeux qu'elle l'avait oubliée, pire, qu'elle ne pouvait lui pardonner, que cela fut trop dur. Une larme roula sur sa joue à cette seule pensée, mais la jeune fille l'essuya bien vite. Elle se releva, et reprit la direction de la maison. Ses pieds nus chatouillaient l'herbe à chaque pas. Arrivée sur le perron, elle poussa la porte et pénétra dans la maison vide. La musique avait cessé. Dans le noir de cette nuit d'automne, le silence lui hurlait aux oreilles. Sans un bruit, elle traversa le salon et grimpa quatre à quatre les marches de l'escalier. Après avoir parcouru une infinité de couloirs, elle regagna sa chambre. Elle enfila un pyjama et se glissa sous les draps.
Le sommeil fut long à venir, mais il vint tout de même...
LE LENDEMAIN
Quelque chose vibrait inlassablement sous mon oreiller sans que je ne réussisse à l'identifier. Enfin, je trouvais la machine infernale et abattais une main sans merci dessus. Je sortis de mon lit lentement, et - à demi comateuse - gagnais la salle de bains. La douche brûlante me fit du bien. J'en sortais éveillée, et souriante, comme à mon habitude. Tranquillement, je finissais ma valise. Soudain, je me rendit compte de l'heure. Affolée, j'enfournais dans ma valise tout ce qui me passait sous la main. J'enfilais rapidement mon slim préféré – le plus délavé et le plus troué =p – ainsi qu'un débardeur gris aux rayures argentées. Tentant, comme chaque matin, de coiffer ma chevelure blonde, j'abandonnais au bout de cinq minutes, comme chaque matin. Une fois ma valise fermée, je la traînais dans les couloirs en courant, pour finir par la pousser dans l'escalier, qu'elle dévala dans un fracas ahurissant. Une fois en bas à mon tour, je dus parcourir le parc, pour enfin arriver devant le portail. L'arrêt de bus était là. Je n'eu à l'attendre que quelques minutes, puis grimpais à l'intérieur et m'installais près de la fenêtre. Musique aux oreilles, sourire aux lèvres, la journée commençait bien.
Le pensionnat n'était pas si loin. Les clefs des chambres nous furent remises dès notre arrivée. Craignant d'être en retard à la répartition des classes, je courrais comme une folle dans les couloirs, jusqu'au moment ou.. PAAF!!
Moi: Ouuups!! Excuse m..
Je ne pus finir ma phrase.. Elle ne semblait pas m'avoir reconnue.. Elle était là, face à moi, elle dont je redoutais le regard... Elle me proposa son aide et se présenta. Si elle savait... Je n'avais rien oublié, je connaissais tout d'elle, comme elle connaissait tout de moi.. Elle me conduisit jusqu'à ma chambre, je la remerciais, trop abasourdie pour remarquer l'état déplorable de celle-ci. Le plus dur était fait, je l'avais revue. Mon soleil, Sun.
J'enfilais mon uniforme, et gagnais la cour.
Moi: Eyyyh!! Naru-Naru!!
Je sautais dans les bras de mon cousin préféré, et claquais un énooooorme bisou sur sa joue.
Naruto: AMYY !!
Il me reposa à terre. Alors, pour la seconde fois de cette matinée, je la vis. Elle m'avait reconnue. Elle était là, semblant ne pas y croire. Je lisais dans son regard combien elle m'en avait voulu, combien elle m'en voulait encore.. Mon sourire s'effaça doucement, avant de réapparaître, plus doux. C'était un sourire d'excuse, ce sourire qu'elle connaissait par coeur, du moins, j'espérais qu'elle le reconnaîtrait..
Elle me dit que tout était oublié, pourtant, je le savais, elle n'en pensait pas moins...